
Extrait
Le Destin des Cœurs
perdus Tome 1 :
Les damoiselles
de Castel Dark



Un bruit venant de la porte fit sursauter les quatre bavardes. Aelis pénétra dans la chambre, précédée d’une odeur nauséabonde.
— Victoire ! J’ai donné une bonne leçon au fils de la cuisinière !
— Et qu’a-t-il donc fait pour vous déplaire ? se renseigna Marguerite.
— Il a osé me traiter de vipère.
— Quel courageux garçon !
— Et perspicace ! ajouta Jane, avec ironie.
Horrifiée par la tenue négligée de sa sœur, elle baissa les paupières. Une odeur pestilentielle monta à ses narines, tandis que des images de chevaux, de cochons et de paille défilaient dans son esprit. Incrédule, elle rouvrit les yeux.
— Par la Sainte Vierge, tu es couverte de fumier !
— C’est George qui en a avalé, pas moi. Ma bonne Marguerite, je suis disposée à reprendre mon ouvrage, déclara Aelis avec un air de défi.
La gouvernante s’appuya sur la table pour ne pas vaciller. Cette fillette ne cessait de mettre sa patience à rude épreuve.
— Hors d’ici, petite peste ! tonna-t-elle.
Dans une révérence moqueuse, l’enfant lui tira la langue ; ses sœurs aînées éclatèrent de rire. Seule Ilyana ne partageait pas leur gaieté. Le mystère d’Eryne et cette lettre perdue se dressaient comme un secret enfoui au cœur des pierres du château.



